Analyse des annonces de N. Sarkozy
Suite aux annonces de Nicolas Sarkozy dans le Jura : Le Président de la République a rappelé des chiffres essentiels, un chiffre d’affaire de l’agriculture et des IAA s’élevant a 163 milliards d’euros c'est-a-dire loin devant le secteur automobile ainsi qu’1,6 million d’actifs et 3,6 millions de retraites. Le plan d’urgence annonce va dans le bon sens sans aller jusqu’au bout de nos revendications. Ce plan est un ballon d’oxygène a disposition des exploitations en difficultés mais ces mesures ne remplaceront jamais une VERITABLE POLITIQUE DE PRIX !
· L’Etat fait un effort et dégage des enveloppes financières pour :
o L’année blanche : l’Etat annonce 1 milliard de prêt de trésorerie et de prêt de consolidation. Sur cette somme, 30 millions d’euros sont endosses par l’Etat pour sa prise en charge des frais financiers. Le taux affiche par les banques serait au maximum de 3% et l’Etat prendra jusqu’a 1,5% voire 2% pour les jeunes agriculteurs. La FNSEA va réunir au plus vite les acteurs concernes (banques, MSA etc.) pour s’assurer que les agriculteurs soient tous accompagnes dans leurs démarches.
Il faut que cela aille vite. L’Etat n’a pas voulu prendre totalement en charge les intérêts : un effort des collectivités locales pourrait permettre d’y parvenir. Un maximum d’exploitants doit être accompagne avant la fin de l’année.
o La MSA octroiera des exonérations de cotisations sociales 2009 au cas par cas, avec une dotation de fonds publics de 50 millions d’euros.
o La reconduction en 2009 du remboursement de la TIPP et de la TICGN est actée, équivalent a 170 millions.
o L’Etat octroie 100 millions pour les situations les plus difficiles
o L’Etat dégage 100 millions au titre du FAC
o La taxe carbone : 25% resteraient a la charge des agriculteurs mais seraient réaffectes pour des investissements éco-durables. L’Etat dégage donc 120 millions au titre des 75% dont il exonère les agriculteurs. Nous demandons une exonération totale. L’annonce, samedi 24 octobre, de cette taxe sur les biocarburants est évidemment une mauvaise nouvelle pour la FNSEA. Le Président de la République a annonce vouloir amplifier l’effort de recherche dans ces domaines par le biais du grand emprunt, la recherche est une chose - si indispensable soit elle-, la faisabilité de productions vertes surtaxées en est une autre.
o Le Président de la république a annonce la mise en œuvre, dans le cadre de la LMA, d’une DPA pour aléas économiques. Les agriculteurs doivent pouvoir faire de l’épargne quand ca va bien pour ne pas quémander lorsque ca va mal et pouvoir gérer de manière fiscale les aléas économiques.
· La FNSEA doit continuer a se battre pour :
o La TFNB : Le Président de la République a annonce que le gouvernement était prêt a faire un effort au cas par cas a hauteur de 50 millions d’euro. La FNSEA espérait un effort plus important et veut, a plus long terme, une exonération totale de cet impôt !
o Le Président de la République a réclame plus de transparence dans les marges, il faut maintenant qu’il se donne les moyens de ces propos et aller plus loin dans l’observatoire des prix et des marges car la LME n’a pas suffisamment clarifie les choses.
o Le Président de la République a alerte sur la problématique de la disparition du foncier agricole,la sonnette d’alarme a depuis longtemps été tirée par la FNSEA, nous attendons maintenant des mesures concrètes.
o Le cout du travail :Le Président de la République a annonce 1 euro par heure travaillée pour les travailleurs saisonniers, correspondant a 170 millions par an et pendant 5 ans. C’est un premier effort.
Mais la FNSEA reste insatisfaite devant cette mesure et pense particulièrement aux producteurs de fruits et légumes, aux horticulteurs et aux viticulteurs. Une annonce d’une prime de 3 euros par heure travaillée aurait constitue la bouffée d’oxygène indispensable a ces filières afin de compenser notre différentiel de compétitivité: Le problème de l’emploi reste notre principal combat !
Sur les CDI, la porte n’est pas apparue fermée, il faut maintenant poursuivre les travaux.
o Le Président de la République ne s’est pas prononce sur des mesures concrètes bien qu’il ait reconnu comme inadmissibles nos contraintes environnementales.La FNSEA demande, a nouveau, a ce que le gouvernement s’engage sur une pause sur ces contraintes (moyens de production, BCAE) : assez de zèle franco-français!
o Sur la dimension européenne, le Président de la République a enfin reconnu la mise en place d’une nécessaire régulation des marches agricoles ; il a par ailleurs déclare qu’il fallait redonner de la compétitivité aux exploitations. Au-delà des constats, nous attendons des mesures concrètes.
Ces annonces révèlent que le gouvernement a mesure l’ampleur de la crise sans précédent que traverse notre profession et ce plan d’urgence massif répond en partie aux attentes revendiquées le 16 octobre. Malheureusement cela sera insuffisant dans certains secteurs pour compenser les pertes de revenus de l’année.
La FNSEA s’engage à expliquer au mieux ces mesures et surtout a veiller a leur aboutissement: La FNSEA veut dire au Président de la République : « chiche ! » et réclame une mise en œuvre simple et rapide de ces mesures qui ne devaient laisser aucun agriculteur sur le bord de la route.