Projet de « retour des farines animales »

Publié le par webmaster blog-fdsea61

Forte des succès remportés dans la lutte contre la maladie de la vache folle (ESB) et la tremblante du mouton, la Commission européenne estime que le moment est venu de prévoir une révision des règles de contrôle en place dans l'UE pour combattre se fléau. Les principales mesures concernent le retour des farines animales et le relèvement de l'âge de dépistage de l'ESB pour les bovins.

 

Projet d'évolution des mesures ESB de la Commission

La Commission européenne a présenté le 16 juillet dernier sa " feuille de route n° 2 relative à la lutte contre l'ESB ". Les propositions envisagées par la Commission consistent en une modification et un assouplissement de certaines dispositions existantes relatives à la lutte contre l'ESB.

Parmi les modifications envisagées par Bruxelles :

  • L'alignement de la liste des MRS (matériaux à risque spécifiés) sur les normes internationales,
  • La possible réintroduction des protéines animales transformées (de non ruminants) à destination de l'alimentation des non ruminants (porc, volailles, poisson), avec de plus l'interdiction d'utilisation " au sein d'une même espèce ".
  • Le relèvement progressif de l'âge minimum de dépistage de l'ESB pour les bovins, ce qui  permettrait de réduire de façon notable le nombre de test menés tous les ans et d'en réduire le coût.
  • La révision éventuelle de la règle d'abattage des cohortes lors de détection d'un cas positif sur un cheptel (NB : situation de plus en plus rare : 67 cas dans toute l'Union européenne en 2009)...

 

Saisine au plan français de l'ANSES et du CNA

Les pouvoirs publics viennent d'annoncer mardi 27 juillet que l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (ANSES) était saisie d'une expertise sur cette possible réintroduction partielle des farines animales dans l'alimentation des non-ruminants. Le CNA (Conseil national de l'Alimentation) se saisit lui également de ce sujet.
C'est, comme toujours sur ces sujets relatifs à la sécurité sanitaire et alimentaire, sur base d'avis scientifiques de la part des autorités et agences sanitaires que les pouvoirs publics français et communautaires adopteront leur position. La question de la traçabilité d'utilisation de ces farines et de la maitrise des risques de contamination croisée sera traitée. Plusieurs mois d'expertises sont prévus.

 

Le secteur bovin exclu de la réintroduction des farines animales

Cette mesure pourrait si elle est adoptée concerner notamment les secteurs du porc et de la volaille, qui pour un ensemble de raisons avancées par les experts, pourraient légitimement utiliser des protéines animales (espèces non sensibles à l'ESB, espèces omnivores,...). Cette utilisation permettrait de réduire la dépendance d'importation de protéines à destination de l'alimentation animale de ces secteurs et favoriser leur compétitivité.
En revanche, la possible réintroduction des farines animales dans l'alimentation ne s'appliquera en aucun cas aux bovins, pour lesquels l'interdiction d'utilisation des farines animales n'est pas mise en débat et demeurera donc en place.
A ce titre, il convient d'observer, concernant le secteur bovin, que le sujet d'actualité est bien plutôt le fait que les viandes bovines importées des pays-tiers (brésiliennes notamment) ne respectent pas les mêmes normes et procédures de contrôles, alors que la production française doit répondre à un ensemble d'exigences extrêmement rigoureuses sur différents plans (identification des animaux, traçabilité, règles sur l'alimentation, suivi sanitaire,...) ainsi d'ailleurs que celles relatives à l'environnement et au bien-être. Les éleveurs et la filière ont été amenés à réaliser de nombreux efforts et à supporter des contraintes et coûts importants pour répondre à ces attentes consommateurs et sociétales.
Par ailleurs, l'objectif peut être souligné de l'importance d'améliorer l'autonomie de l'Europe en protéines végétales, notamment nécessaires à la ration alimentaire des ruminants.

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Publié dans Actu

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